Les DLC

Il y a encore quelques années, lorsque nous achetions un jeu video, nous achetions un produit fini sans aucune possibilité de modification ou d’ajouts; qu’il soit bon, mauvais ou bugué. Mais à partir du moment où nos consoles ont réussi à se connecter à Internet, les développeurs ont commencé à proposer divers patch correctifs et autres contenus supplémentaires afin d’améliorer/agrandir l’expérience de jeu; ces derniers étant plus communément appelés contenu téléchargeable ou DLC (pour download content). Evidemment, les consoles de jeux n’ont pas été les premières à proposer du contenu en plus pour nos jeux. L’exemple le plus parlant est bien entendu Les Sims avec ses extensions venant ajouter divers contenus au jeu de base, rendant le jeu toujours plus complet.
Si je décide d’en parler, c’est que les DLC font souvent parler d’eux, et pas qu’en bien. Durant ces dernières années, nous avons entendu parler de plusieurs scandales de certains éditeurs proposant des packs de costumes à des prix « légèrement » exagérés ou aux contenus présents sur le jeu de base mais uniquement accessibles en repassant à la caisse.


DLC Professeur Layton

Quand DLC rime avec gratuit.

Mais ce qui m’intéresse, c’est le cas de Nintendo. Si vous je vous dis « DLC sur consoles Nintendo », vous allez probablement me citer des jeux comme Super Smash Bros., Mario Kart ou Fire Emblem. Bizarrement, j’ai tendance (et je pense ne pas être le seul) à assimiler le concept des DLC à du contenu payant. Quand bien même, c’est absolument faux puisque même si Nintendo s’est réellement mis à proposer ce genre de contenu à partir de l’ère 3DS/Wii U, il était déjà possible de télécharger du contenu supplémentaire sur DS avec notamment Professeur Layton et l’Etrange Village où il était possible de télécharger régulièrement de nouvelles énigmes ou encore la série des Pokémon Ranger qui nous proposait de découvrir de nouvelles missions une fois le jeu terminé. Et en y réfléchissant bien, les distributions de Pokémon fabuleux si chères aux yeux de Game Freak/Nintendo depuis 20 ans sont une forme de DLC. Dans tous les cas, il ne faut aucunement débourser quelques euros supplémentaires.

Artwork Distributions Pokémon 20 ans

Nintendo et les DLC : une histoire qui dure depuis 20 ans !

Alors certes les DLC ne jouissent pas d’une excellente image et le principe d’ajouter du contenu peut soit faire plaisir soit faire grincer des dents. Car il est clair que si les joueurs sont unanimement d’accord sur l’intérêt de tel DLC, il arrivera que d’autres contenus fassent polémique puisque cela dépendra de la vision de chacun sur ce qu’est un jeu complet et l’intérêt des DLC en découle donc logiquement. En effet, on ne viendra jamais crier au scandale si Nintendo vient nous proposer régulièrement du contenu supplémentaire gratuit. Ce fut d’ailleurs le cas de Splatoon dont le contenu actuel n’a plus grand chose à voir avec celui proposé à sa sortie. Si il me semble que cela n’a jamais été confirmé, il est grandement probable que cette façon de faire était, pour Nintendo, le meilleur moyen de continuer à faire parler du jeu après sa sortie puisqu’il s’agissait d’une nouvelle licence. Et même si les nombreux rajouts peuvent sembler normal, histoire d’avoir un contenu décent, le fait de parler de Splatoon comme un jeu recevant de nombreuses mises à jour avec, entre autre, du contenu supplémentaire régulièrement, permet un discours valorisant, renvoyant ainsi une bonne image au grand public qui sait que l’achat du jeu est un bon investissement car soutenu par ses développeurs.


Artwork DLC Mario Kart 8

Aperçu d’un season pass d’exception.

Personnellement, un bon DLC payant est un contenu qui vient gonfler celui de base, lorsque le jeu est déjà suffisamment riche. Si demain j’achète Mario Kart 9 qui ne propose que deux coupes alors que les six autres sont disponibles en téléchargement payant, je crierais probablement que Nintendo fait n’importe quoi. D’une part parce que 50 euros les deux coupes, ça fait un peu cher, et ensuite parce que Mario Kart est une série, et que j’ai l’habitude d’avoir accès à un certain contenu en achetant mon disque de jeu. Cela permet donc d’avoir une valeur étalon, savoir si les DLC remplacent, ou non, le contenu censé être proposé à la base.

Je lis parfois sur Internet que les DLC ne devraient pas exister car amputent le jeu de base d’un contenu encore plus riche. Techniquement ce n’est pas faux. Mais si c’était le cas, alors le développement de nos jeux préférés ne s’arrêterait jamais car il y aurait, par extension, toujours possibilité de rajouter des éléments. Je crois que le meilleur exemple que j’ai connu est GTA IV. Rockstar lui a développé 2 excellents DLC ou pour être plus précis deux aventures solo supplémentaires. Il s’agit d’histoires se déroulant en parallèle de l’aventure principale et qui ont le mérite de pouvoir être lancées même sans posséder GTA IV à la base. Bien entendu, ces deux aventures ne présentent pas une durée de vie aussi conséquente que le jeu de base, mais admettons qu’une dizaine d’heures de jeu supplémentaire, ça fait plaisir.


Pour revenir sur un exemple « Nintendo », je vais aborder le cas de Super Smash Bros. for 3DS/Wii U qui a eu droit à pas mal de DLC. Ce jeu a reçu 3 types de contenu supplémentaire : des combattants, des terrains et des costumes pour les Mii. Pour ces derniers, ils n’apportent finalement pas grand chose et sont plus qu’optionnels, donc pas de soucis de ce côté.

Combattants DLC Smash Bros. 4

Sm4sh c’est 7 personnages et 8 terrains en DLC !

Là où les choses se compliquent, ce sont avec les terrains et les combattants. Pourtant, la plupart d’entre eux sont là plus pour le fan-service (les terrains N64, Vaisseau Pirate, Mewtwo, Lucas et Roy) et apportent une valeur ajoutée discutable car non inédite pour le jeu et par extension, pour la série. D’ailleurs, cela se ressent au niveau du prix : tout contenu étant déjà apparu dans un précédent Smash coûte moins cher. Et à côté, nous avons également du contenu nouveau (le terrain Super Mario Maker) et relativement travaillé (Ryu, Cloud et Bayonetta avec leur terrain respectif et Corrin). Forcément, les combattants accompagnés de terrain coûtent un peu plus cher. Mais quand on y pense, il s’agit de personnages d’éditeurs-tiers, donc j’imagine que Nintendo doit bien payer un petit quelque chose par rapport aux droits. Donc au final, je n’ai pas l’impression que Nintendo se foute de nous à ce niveau là. Et avec 51 combattants et 46 terrains (contre 35 persos et 41 stages dans Brawl) de base, il serait de mauvaise foi de dire que Sm4sh est vide de contenu.


Autre exemple plus récent, le cas de Zelda Breath of the Wild. Nintendo nous propose deux DLC pour une vingtaine d’euros. Petite particularité : il est impossible d’acheter ces derniers séparément. Et pour cause, si le premier propose un contenu plutôt axé sur le fan-service (armures tirées des précédents jeux), des outils facilitant notre progression (mode empreintes, amulette de téléportation, masque de Korogu)  ainsi que le mode Expert et les Epreuves de l’épée, le second nous promet « un nouveau donjon, une nouvelle histoire originale et de nouveaux défis« .  Il est clair que l’intérêt de ces deux DLC n’est pas le même.

Artwork Zelda BOTW DLC 2

Le DLC 2 de BOTW devrait être plus consistant…

La stratégie de Nintendo semble claire : appâter les joueurs avec le second DLC, plus appétissant et complet en apparence, en incluant le premier plus avare en nouveautés pertinentes. Car si les deux contenus supplémentaires avaient été proposés de manière distincte, Nintendo aurait distingué une large différence entre les ventes de ces derniers.
En ce qui me concerne, j’ai acheté le pass d’extension dès la sortie du jeu. J’ai donc très vite réalisé que le premier DLC était une jolie carotte permettant de faire patienter en attendant le second. Avant tout, sachez que je considère BOTW comme un jeu complet qui aurait pu se passer facilement de DLC. Mais les Epreuves de l’épée rappellent fortement les mini-donjon présent dans Twilight Princess (Caverne de l’Ordalie) ou Wind Waker (Savage Labyrinth) qui propose un fonctionnement similaire et un mode expert fait son apparition dans la plupart des Zelda depuis Wind Waker. Pour le reste, le mode empreintes, l’amulette de téléportation et le masque de Korogu auraient très bien pu être intégrés au jeu de base puisque leur fonction est bien de rendre la quête de Link plus facile; ils n’apportent rien en terme de gameplay pure. Quant aux costumes, ils n’apportent aucun effet inédit et sont donc facilement oubliables. Reste à savoir ce que proposera le second DLC en terme d’intérêt et de durée de vie.


Amiibo fin 2017

Les amiibo, toujours au coeur de l’actu !

Et pour finir sur un cas assez répandu, j’entends très (trop) souvent dire que les amiibo sont des DLC cachés, que « c’est une honte de payer une quinzaine d’euros pour un si pauvre contenu » etc. J’ai déjà abordé le sujet dans un précédent article, mais il me semblait important de revenir là-dessus.
Pour commencer, un amiibo n’est pas juste un contenu en plus pour un jeu. Tous les amiibo ont/auront une compatibilité avec plusieurs jeux débloquant quelques missions/bonus/armes/vêtements.
Ensuite, on ne paye pas un amiibo uniquement pour le contenu débloqué, mais également pour la figurine en elle-même. Et honnêtement, le travail effectué est en général de très bonne qualité. En tout cas, je trouve que leur finition est meilleure que celle des figurines de Disney Infinity.
Et enfin, soyons franc, le jour où Nintendo nous propose en DLC des costumes pour Mario Kart ou des IA améliorés pour Super Smash Bros., on se demandera ce que ses développeurs auront fumé. Tout ça pour dire que le contenu des amiibo est plus qu’optionnel car non pénalisant pour les joueurs qui n’en possèdent aucun et donc non adapté à être proposer en temps que DLC pur et dur.


Bref, je ne pense pas que les DLC soient une mauvaise chose en soi et je ne pense pas que Nintendo en abuse. Big N propose un suivi régulier de ses jeux avec de multiples mises à jour (Smash Bros. 4) sans oublier quelques contenus gratuits (le terrain Miiverse de Sm4sh, le 200cc de Mario Kart 8). Et quand des DLC payants sont proposés, ils sont de qualité (Bayonetta et Ryu pour SSB4, les 4 coupes supplémentaires de MK8) et viennent soutenir des jeux ayant toujours un solide contenu de base. Bien évidemment, cela n’empêchera pas de continuer à voir des dérives avec du contenu optionnel vendu au prix fort mais tant que Nintendo reste au dessus de ces pratiques, ses joueurs pourront continuer à jouer en paix.

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